Le témoignage du docteur Frédéric Picard, chirurgien plasticien

ipaces.fr
L'équipe prédagogique
24/04/2019

Dans ce témoignage, le docteur Frédéric Picard apporte des réponses aux étudiants en PACES qui se demandent comment devenir chirurgien plasticien. Il revient sur ses années d'études et nous parle de son parcours qui l'amène aujourd'hui à ouvrir son propre cabinet de chirurgie plastique.


Souvenirs de PACES :


Comment c'était avant ? Est-ce que c'était difficile ?

"La PACES s’appelait PCEM1, je l’ai passée en 2003/2004. C’était une année fabuleuse pour son dénouement mais hyper exigeante et très pénible sur le moment. Pendant 8 mois, toute ma vie était orientée autour de ce qu’il fallait comprendre et apprendre pour pouvoir passer ce « mur »."

As-tu redoublé ?

"Pas eu besoin de redoubler, d’ailleurs toute ma motivation et les sacrifices de vie personnelle étaient consentis pour ne pas redoubler. Si j’avais eu en tête que le redoublement était une option raisonnable, je n’aurais pas autant travaillé cette année-là."

Étais-tu bien classé ?

"Au-delà de mes espérances, 12éme classement final."

As-tu des conseils particuliers pour les PACES ?

"1 - Se dire que ce n’est pas un an mais que ça dure bien « que » 8 mois.

2 - Se lever tôt pour être devant un bureau ou en cours au plus tard à 9 heures du matin.

3 - Dormir au moins 6h30/7 heures par nuit car le manque de sommeil diminue la qualité de travail, or la qualité de travail est le plus important.

4 - S’organiser de façon à travailler minimum 8 heures par jour de qualité. Au-delà de 10 heures par jour, je pense qu’il n’est plus possible que ce soit du travail de qualité. Par qualité je veux dire travail qui permet de comprendre et de retenir par cœur.

5 - Apprendre à se connaître : la première année est l’année ou l’on apprend son mode de fonctionnement : combien d’heures puis-je travailler sans faire de pause, combien d’heures de travail je peux supporter par jour et par semaine, ai-je besoin de faire des fiches, ai-je besoin d’écrire, ai-je besoin de réciter à haute voix, ai-je besoin d’être interrogé, ai-je besoin d’être « en équipe » ? Toutes ces questions doivent être tranchées au plus tard 1 mois avant le premier concours.

6 - Être bien entouré que ce soit à la fac ou dans sa vie personnelle. Pour traverser ces 8 mois de galère, il faut pouvoir compter sur ses proches quand on est crevé et qu’on a juste envie de se détendre, rigoler, manger, sortir, faire du sport..."


Ton parcours d'études :


Tes études après la PACES (nombre d'années, cursus...)


"Hormis un ERASMUS en 5ème année en Angleterre, j’ai eu un parcours sans encombre jusqu’aux ECN. Donc en tout 7 ans pour valider le premier et deuxième cycle et donc devenir interne.
Ensuite un internat de 5 ans (10 stages de 6 mois), qui m’ont permis de devenir chirurgien hospitalier.
Ensuite un « clinicat » de 3 ans (ce terme ne veut rien dire). En gros pendant 3 ans, j’étais chirurgien à temps plein dans un service de chirurgie plastique d’un gros CHU, et en parallèle je donnais des cours d’anatomie aux étudiants de médecine et je faisais de la recherche en médecine régénérative."

As-tu trouvé ça long ? Difficile ?

"Long oui mais c’était le temps nécessaire pour avoir un niveau convenable avant de devenir interne, puis chirurgien.
Difficile : c’est les concours de première année et des ECN qui étaient difficiles car l’échec est possible. Les examens de la deuxième à la sixième année sont pénibles mais faisables pour toute personne qui se connait et sait s’organiser. Être interne n’est pas qu’une partie de plaisir, mais c’est tellement incroyable de passer du stade d’étudiant de médecine à chirurgien que tous les mauvais moments de l’internat sont éclipsés par l’adrénaline chirurgicale que l’on vit tous les jours."

Ce qui t'a plu le plus / Ce qui t'a le moins plu

"Ce qui m’a le plus plu : de 18 à 24 ans, être étudiant de médecine : les soirées, les soirées, les soirées, le sport, les soirées et apprendre la médecine (en soirée) 😉
Ce qui m’a le moins plu : la pression des examens. Cependant, elle était nécessaire sinon je serais resté ignorant toute ma vie."

Qu'est-ce qui t'a fait choisir ton métier ?

"Vu ma spécialité, je peux surtout dire que depuis le collège, j’étais attiré par l’esthétisme du corps, et tout ce que cela peut engendrer sur le bien-être, la confiance en soi, et le pouvoir de séduction."


Ta profession :


Depuis combien de temps tu exerces ?

"Je suis chirurgien plasticien depuis 2015."

Y'a-t-il des inconvénients dans ta profession ? Si oui, lesquels ?

"Des petits inconvénients : le stress de tout chirurgien, les patient(e)s qui veulent tout tout de suite sans effort, la fatigue de certains soirs, les urgences et les imprévus."

Qu'est ce qui t'a donné l'envie d'ouvrir ton propre cabinet ?

"La liberté et l’autonomie qui sont pour moi le meilleur moyen de faire de la belle chirurgie. Être seul dans son cabinet entraîne une responsabilité supplémentaire : rester à jour des dernières avancées de la science médicale. Cela étant dit, avec internet, les réseaux et les moyens de communication, c’est tout de même assez simple."

Que veux-tu dire aux étudiants qui souhaitent devenir chirurgien plasticien ?

"Venez me voir au cabinet après votre première année, on ira prendre un café pour que je vous donne quelques conseils !"

Le site internet du docteur Frédéric Picard : https://www.docteurpicard.com/fr/accueil